Coupure de presse

Riche intériorité

par Alain Brunet in La Presse (Québec), 16 avril 2005 à propos de Espaces libres [3777]

De prime abord, le disque solo de la pianiste Marianne Trudel peut être comparé à celui de Gonzales pour la délicatesse qui s’en dégage, pour la richesse de l’intériorité.

Si Gonzales fait dans un impressionnisme un peu trop proche d’Érik Satie, impressionnisme auquel il injecte des éléments de jazz primitif et de pop classique, la jeune pianiste montréalaise s’inspire aussi d’œuvres pianistiques créées au tournant du siècle précédent. Or, dans le cas de Marianne Trudel, le tournant musical du siècle précédent est (parfois) mis au service du jazz, et ce jazz solitaire est à la fois accessible et moderne. Les harmonies et le contrepoint ne s’y limitent certes pas au primitivisme du genre ou encore aux concepts de Broadway reconstruits par les jazzmen au fil des années 30, 40 et 50. La pianiste se permet même des incursions contemporaines dans les miniatures En amont et En aval qui émaillent ces 42 minutes et 40 secondes. Qui plus est, la musicienne a eu la sagesse de ne pas relever des défis techniques hors de sa portée, d’où l’impeccable livraison d’une musique relativement simple (dans un contexte jazzistique, entendons-nous bien), mais assez substantielle pour nourrir bien des âmes. *** 1/2

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