Coupure de presse

Marianne Trudel fait table rase

par Nicolas Pelletier in RREVERB (Québec), 5 janvier 2015 [5295]

La pianiste québécoise Marianne Trudel n’a pas encore fait de mauvais album. Chaque projet que j’ai eu le plaisir d’entendre — dont «Trifolia» en 2013 — et plusieurs prestations au Festival International de Jazz de Montréal — a été un délice. Cette musicienne semble d’une rigueur et d’un sérieux rarement égalé. Elle m’apparaît complètement investie dans sa musique, immensément respectueuse du Jazz avec un grand J. C’est du sérieux et elle le fait bien.

Cette fois, Trudel s’est entourée d’Ingrid Jensen à la trompette (une pointure), l’excellent Robbie Kuster (membre du groupe de Patrick Watson) à la batterie et Morgan Moore à la contrebasse.

La pièce titre de son nouvel album, au joli titre La vie commence ici, est un bon exemple de jeu musical parcimonieux. Où chaque note de sax, de batterie, de piano, de contrebasse se rejoint dans une harmonie globale (excusez le pléonasme). Le travail percussif, très original avec ses sonorités métalliques, est notable, particulièrement sur ce titre. Des morceaux très calmes, comme Questions — la première de l’album — sont presque minimalistes. Le piano semble à peine effleuré. Une trompette brise le silence de la nuit. C’est magnifique.

Le piano de Marianne Trudel est encore une fois superbe sur Deux soleils, un morceau qui ressemble un peu à ceux de Gonzales sur l’excellent «Piano Solo». Les accompagnements s’ajoutent graduellement: voici la batterie, voilà la trompette et dans un éclat de soleil, le saxophone. La pièce s’illumine d’un seul coup!

D’autres compositions sont plus éclectiques, comme Soon, qui débute avec une trompette assez entreprenante, avant que les choses se calment et que le piano reprenne la mélodie. Un morceau de huit minutes qui a le temps de se transformer.

La jazzwoman explique sa démarche — plus humaine que musicale

J’avoue qu’à la première écoute, la présence parfois envahissante des cuivres, comme sur À l’abri, me plaisait moins parce qu’ils couvraient beaucoup le piano, souvent magnifique. Mais, au fil des écoutes, j’ai davantage apprécié le contraste entre la force tranquille qu’est le grand instrument aux notes d’ivoire et les notes étincelantes des instruments à vent.

Il s’agit du 6e album de Marianne Trudel, par ailleurs lauréate du prix Opus 2013 pour Trifolia.

Du très bon jazz et, sans vouloir être chauvin, du jazz d’ici!

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