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Marianne Trudel: musicienne avec un M gros comme ça

by Alain Brunet in La Presse (Québec), June 21, 2008 [3800]

Cette femme ne manque pas d’énergie, c’est le moins qu’on puisse dire: 30 ans, pianiste, improvisatrice, compositrice, arrangeuse, leader d’orchestre de toutes tailles, le don d’ubiquité. Impliquée à fond dans l’Off Festival de jazz de Montréal, et ce depuis quatre ans, Marianne Trudel respire et exhale toutes les fréquences qui viennent à ses oreilles.

«Pianiste? Compositrice? Arrangeuse? Leader? C’est la même chose pour moi. Je suis musicienne avec un M.»

Un M gros comme ça, est-on tenté d’ajouter, à la voir aller. Lorsqu’elle était enfant, à Saint-Michel de Bellechasse, sa gardienne jouait de la musique traditionnelle au piano. Elle a été éblouie. Très tôt dans son existence, Marianne Trudel a associé la musique au bonheur pur. À 5 ans, elle a demandé à ses parents d’apprendre le piano. Voyez où elle est rendue.

Après avoir fait le conservatoire à Québec, elle a été frappée d’une mononucléose au moment où se déroulaient les auditions montréalaises en interprétation classique. Elle pouvait alors se rabattre sur le programme de jazz au cégep Saint-Laurent, elle a décidé d’essayer. Et alors… elle est “tombée en amour” avec ce genre musical qu’elle chérit toujours.

Puis un bac en jazz à McGill, puis une maîtrise en ethnomusicologie à l’UdeM, bientôt un doctorat en composition sous la direction du compositeur Denis Gougeon. Et l’on ne compte pas plusieurs tournées canadiennes effectuées au cours des dernières années, deux CD, deux participations à l’Off cette semaine (5e Route bleue et Cantouque), plusieurs directions d’ensemble et un nouveau projet en septuor, présenté ce soir au Lion d’or. L’automne dernier, on l’a même vue accompagner avec brio la grande chanteuse irakienne Farida Mohamed Ali au Festival du monde arabe… À croire que sa crinière crépue est branchée en permanence sur le 220!

«Ce projet en septuor, explique-t-elle puisqu’il faut parler de ce soir, consiste à réunir des artistes avec qui j’ai travaillé de façon sporadique et qui, je crois, travailleraient bien ensemble. C’est vraiment une combinaison de personnalités musicales et humaines. Plus improvisé que celui-ci, mon projet précédent en quintette comportait une section rythmique et deux saxophones. Alors que cette fois, j’avais vraiment envie de cuivres: cor (Jocelyn Veilleux), trompette (Lina Allemano, de Toronto), trombone (Jean-Olivier Bégin, Québécois qui vit à New York), voix (Anne Shaefer, de Victoria), contrebasse (Normand Guilbeault), batterie (Jim Doxas) et piano.»

Pour décrire ce septuor qu’elle ne qualifie pas tout à fait de jazz (ou off jazz), Marianne Trudel se creuse les méninges.

«J’ai du mal avec les étiquettes. Il y a une place pour l’improvisation, mais cette musique est très écrite et comporte beaucoup d’influences issues de la musique classique, autant dans l’harmonie que dans les mélodies. J’aime particulièrement Chopin, Brahms, Mahler, Richard Strauss, la fin du XIXe et le début du XXe. J’utilise davantage le mot jazz parce que j’aime l’improvisation dont le jazz est la porte d’entrée. En autant qu’il y ait une part pour l’impro, je suis heureuse.»

«Cela dit, je ne me sens pas exactement une pianiste de jazz. Pour moi, la musique exige une approche globale. Par exemple, j’aime les effets modernes d’orchestration dans les grands ensembles — en ce sens, Maria Schneider et Gil Evans sont parmi mes compositeurs préférés. Et j’écoute beaucoup de chansons; pour moi, la mélodie vient en premier et structure tout.»

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